La stratégie devenait autre. Il fallait contourner deux obstacles majeurs : le regroupement des enfants américains en une seule classe. En France la disposition était différente : une classe déjà formée était choisie pour partir à la montagne. Rares étaient les parents qui refusaient le départ de leur enfant. Seules les familles musulmanes n’acceptaient pas de se séparer de leur fille pour l’envoyer dans un lieu où était prônée la mixité. Si le nombre d’enfants qui se désistaient était minime, l’inspecteur primaire autorisait le départ de la classe. L’enfant ou les enfants qui restaient étaient pris en charge par les collègues de l’instituteur qui voyageait. Le financement du séjour était calculé pour les familles selon le quotient familial et les familles les plus défavorisées pouvaient participer, les frais étant réglés par la Mairie.
Le deuxième obstacle était évidemment le financement par les parents. Au cours d’une réunion à la fin de l’année scolaire , une fois que la tempête s’était calmée, je suggérai aux familles de créer un fond commun pour aider quelques familles. L’idée fut acceptée avec enthousiasme par tous, les Américains ayant un sens de la philanthropie très poussé. Une mère se proposa même d’organiser des ventes de gâteaux pour ramasser de l’argent. Une autre discuta de la possibilité de faire appel à Amway, une société qui vendait des produits ménagers ou domestiques et dont la vente faite au niveau des citoyens permettait de partager les bénéfices pour de nobles causes. Tous donnèrent leur approbation et une véritable machine de guerre pour récolter des fonds se mit en branle. L’Amérique est incroyable pour ce genre d’actions où les citoyens se prennent en main pour régler leurs problèmes. Plusieurs enfin parlèrent d’ajouter 50 ou 100 dollars au coût de leurs enfants pour aider un plus malheureux. La générosité du peuple américain ne connaît pas de bornes lorsqu’il a décidé de réussir.
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