Mon imagination a été violemment dételée ; elle s'est trouvée renforcée par l'éclatement parallèle de tous les coffrages que ma volonté de vaincre le sort et de réussir avait bâtis autour de la douleur ressentie si amèrement pendant le drame. Maintenant c'est comme un flot que plus rien ne pourra ralentir et qui finira par ne devenir que le seul fleuve de mes actions.
Le crayon à la bouche, les yeux perdus au-delà de son aire de repos, Roger Marcoux triturait chaque mot, chaque sens des termes de la citation. Semblable à un feu d'artifice: la fusée monte dans le ciel noir, suivie d'une trainée d'étincelles, puis explose en un bouquet de lumières éblouissantes mais éphémères et le vide reprend le dessus. Les pensées étaient autant de questions: qu'est-ce qui existe présentement ? Qu'est-ce qui doit succèder à la situation présente ? Puis-je apporter un changement sans détruire ? Mon imagination puisant dans mon passé lointain, peut-elle concevoir cette force destructrice et la maintenir vivante en moi, jusqu'à ce que j'aie terminé de mettre au point mon plan ?
