Les cours n’apportèrent rien de spectaculaire et aucun secret d’état ne fut révélé. Ce n’était qu’une suite de détails baroques qu’il utilisait pour se faire mousser et essayer de diminuer l’importance du rôle de de Gaulle dans la solution des divers problèmes de la France : économie, indépendance, Algérie. Pas de quoi contester les faits. Rien sur son passé de Vichy ne transpira, il avait conscience que d’en parler s’il en avait le courage, n’aurait en rien servi la place qu’il voulait se faire dans l’Histoire. Les étudiants, certains avec timidité dû à l’hésitation de leur français, avaient préparé des questions rédigées sur un bout de papier. Il écoutait distraitement puis par quelques phrases bien onctueuses répondait. Dans l’après-midi comme prévu au programme, nous nous retrouvâmes une trentaine assis autour du plateau de télévision. Le présentateur commença par une rétrospective rapide à cerner son invité et un bref résumé donna l’ampleur de sa carrière. Le tout en anglais. Près de Mitterand, un professeur de langue traduisait puisque les connaissances linguistiques de l’ancien ministre étaient proches de zéro. Il secouait la tête de satisfaction d’entendre réciter son curriculum. Puis les questions du meneur de jeu débutèrent. Beaucoup trop simplistes, même débiles qui ne faisaient que montrer l’incompétence du journaliste, rien qui aurait pu l’offusquer, au point de faire sourire l’homme politique. Il était habitué à plus virulent devant un parterre de reporters qui le harcelaient. A cette émission, de l’eau de rose, du soporifique. Puis ce fut le tour des étudiants et il était convenu que j’étais chargé de la traduction lorsque l’interrogation venait de l’un des miens.
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